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Développement local / QUAND LES CADRES DE PONVOGO S’Y METTENT

L’implication active de tous temps souhaitée par les autorités auprès des cadres comme acteurs de développement de leurs régions n’est pas un vœu pieux à Ponvogo. C’est une réalité vivante dans ce village d’environ 4 000 âmes, situé à environ quatre kilomètres de Kolia, dans la région du Poro. Sous l’impulsion de l’un des leurs, Brahima Coulibaly, directeur de la Communication de la Fondation Children of Africa de la Première dame, Dominique Ouattara, ils travaillent à sortir leur village de l’ornière, lui donnant un aspect de modernité qui frappe le visiteur.
Petit campement d’une demi-douzaine de concessions à l’origine, Ponvogo est ainsi établi aujourd’hui comme un vrai village, résolument tourné vers le progrès avec une organisation spatiale bien définie et dotée, par ailleurs, des équipements socio-éducatifs et sanitaires de base (addiction d’eau, écoles, centre de santé). Cette mobilisation a pour viatique une figure tutélaire du village, Soro Tchépé, la défunte mère du président de la mutuelle. Elle aura incarné, de son vivant, des valeurs de service et de solidarité immortalisés aujourd’hui à travers une fondation éponyme créée par son fils, président de la mutuelle.Cette fondation et la mutuelle cristallisent les ambitions des cadres pour leur village. « Nous avons un plan stratégique qui est de faire de Ponvogo un pôle économique dans la région de Korhogo (capitale de la région du Poro, Ndlr), avec toute une économie circulaire qui va accompagner cette vision », résume le président de la mutuelle.

En attendant, les valeurs de solidarité et de service chères aux cadres du village s’expriment à travers des appuis apportés aux femmes et aux élèves de Ponvogo et des villages environnants. Entièrement pris en charge par la Fondation Doro Tchépé, les élèves sont régulièrement gratifiés de matériels et tenues scolaires et de repas à la cantine. Et même de vélos, pour les filles admises en classe de sixième, pour leur faciliter le chemin de l’école.
Les femmes, elles, à travers un centre d’autonomisation portant le nom de la Première dame, Dominique Ouattara, font du maraîchage sur un jardin de dix hectares mis à leur disposition. De quoi les rendre autonomes face à la pression économique.
Pour autant, Ponvogo n’entend pas perdre son âme. La modernité qu’elle se construit va rester ancrée dans la tradition. « Ponvogo sera le petit paradis de Korhogo, mais avec un ancrage culturel très prononcé. Nous resterons attachés à nos valeurs culturelles, économiques, mais avec un pôle fait par les femmes surtout », annonce le président de la mutuelle, chef de bois sacré et chef spirituel, qui affiche sans complexe son ancrage très fort dans la tradition et sa dévotion aux génies du village.
À côté du festival annuel de célébration des génies qui draine foule à chacune de ses éditions, verra ainsi jour, dans un futur proche, une université internationale du balafon, avec deux musées : le musée du coton et du textile sénoufo et le musée de la moto et de la bicyclette.
Demain, Ponvogo fera assurément partie des destinations prisées en Côte d’Ivoire.
E. KODJO

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